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17 novembre 2016

L’Ecole inclusive : pas de mode d’emploi

La notion d’école inclusive, développée dans la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République du 8 juillet 2013 (Loi n°2013-595), réaffirme la nécessité de « scolariser les enfants en situation de handicap et à besoins éducatifs particuliers en milieu ordinaire ».

Cette exigence d’inclusion, portée depuis une dizaine d’année par les ministres de l’Education nationale successifs, a permis le doublement du nombre d’élèves en situation de handicap poursuivant leur scolarité en milieu ordinaire.

« Cependant, cette croissance quantitative continue, si elle est le signe d’une amélioration indéniable des parcours de scolarisation ouverts aux élèves en situation de handicap, ne peut être le seul indicateur utilisé pour évaluer la qualité de l’accueil qui est proposé à ces élèves. Car il ne suffit pas de décréter l’inclusion scolaire, il faut construire les conditions de réalisation de ses objectifs, qui ne sont rien moins que le plein exercice de la citoyenneté dans ses dimensions sociales, professionnelles, économiques et culturelles. L’inclusion scolaire ne peut constituer un objectif en soi , elle n’est légitime que dans sa capacité à permettre la réussite scolaire de l’élève. »

C’est en tout ce qu’affirme Paul DEVIN, inspecteur de l’Éducation nationale et secrétaire général du Syndicat National des Personnels d’Inspection de la FSU (SNPI-FSU), lors d’une allocution publique (forum des RASED, le 6 décembre 2014).

Extraits :

"Qu’en est-il dans la réalité quotidienne des classes ?

Des enfants handicapés bénéficient d’une scolarité adaptée qui permet une réussite des apprentissages. Mais d’autres ne trouvent dans leur classe ni l’environnement qui convient à leurs difficultés, ni les ressources nécessaires au développement de leurs compétences intellectuelles, sociales et culturelles. Certains croient y voir le témoignage d’une résistance des enseignants et de leur insuffisante bienveillance. C’est ignorer deux choses.
- Tout d’abord l’engagement fort qui est celui des enseignants, leur adhésion aux valeurs républicaines de l’égalité qui les conduit à développer l’ambition de la réussite de tous leurs élèves.
- C’est ignorer aussi l’erreur fondamentale que constitue la représentation de sens commun, que la réussite scolaire des élèves handicapés reposerait essentiellement sur l’empathie et la bienveillance. (…) Laisser croire aux parents que l’inclusion scolaire constituerait systématiquement le contexte le plus favorable au développement de leur enfant est un mensonge. (…) Dire cela n’est pas renoncer à l’ambition d’une société inclusive, c’est refuser que l’inclusion scolaire soit posée comme un dogme. C’est défendre une inclusion raisonnée qui ne se limite pas à l’idéalité d’un principe égalitaire mais exige les conditions de son exercice. (…) La scolarisation de tous les élèves nécessite des moyens. A la considérer comme relevant de la seule bienveillance des personnels d’enseignement et d’accompagnement, comme bénéfique à l’élève par le seul fait d’un discours qui l’affirme comme un dogme, nous agirions a contrario des valeurs que nous défendons. (…) L’inclusion raisonnée refuse l’analyse binaire qui décréterait qu’il faudrait choisir entre inclusion et exclusion parce qu’elle affirme la nécessité de construire, dans la réflexion commune des professionnels et des parents, le parcours le mieux adapté possible aux besoins réels, quitte à ce que ce parcours doive faire le choix de différer ou de réduire l’inclusion scolaire.

Ne cédons pas à cette facilité qui consiste à fustiger toute interrogation comme si elle procédait d’une résistance alors qu’elle procède d’une juste reconnaissance des limites.

Gardons-nous de la facilité qui consiste à citer quelques exemples de dysfonctionnements inacceptables comme s’ils suffisaient à témoigner de la réalité d’une école de l’exclusion. Répéter des slogans c’est facile. Mettre en œuvre, c’est difficile. Mettre en œuvre sans accepter cette question des limites, c’est impossible. Et dire cela n’est pas réduire l’ambition d’une école inclusive. C’est au contraire vouloir que ce puisse être autre chose qu’un discours. »

Quelles actions syndicales, quelles positions sur la question ?

Depuis deux ans maintenant, les délégués du personnel SNUipp-FSU64 portent ce constat en instance : en pratique et au quotidien certaines inclusions peuvent être génératrices de souffrances, tant pour les élèves et leur famille que pour les personnels de l’Education Nationale. Notre première lutte a donc été de le faire reconnaître et de faire accepter ces situations. Visiblement, si l’on en croit le plan de formation de l’IFE de Lyon, l’allocution de P. Devin, le dernier CHSCT départemental et CHSCT ministériel, cette analyse de la situation n’est plus renvoyée à une simple mauvaise volonté d’enseignant-es. Nous sommes à l’heure du retour d’expériences et des prises de consciences. Vous accompagner reste essentiel. Lorsqu’une situation de travail crée de la souffrance, le premier réflexe à adopter est de rompre avec le sentiment d’isolement. Non, il ne sera pas question plus ici de fragilité ou de mauvaise volonté des personnels ; les situations sont multiples et le problème réel, c’est à nous de le faire reconnaître collectivement. A partir des nombreuses situations portées à connaissance du syndicat (mails, appels, fiches santé et sécurité au travail), du médecin de prévention, de l’administration... les délégués FSU ont porté cette problématique en CHSCT départemental et ministériel (comité d’Hygiène de Santé et des Conditions de Travail). Au delà de situations précises d’école ou d’établissement, le travail s’engage à une autre échelle : des groupes de travail ont été accordés. Nous portons l’idée que de multiples situations de travail doivent être analysées réellement pour pouvoir proposer à tous des améliorations sur cette question. Lors du prochain CHSCT (2 décembre) nous demanderons que ce travail s’inscrive dans le temps et prenne appui sur l’audition de nombreux personnels : collègues, AESH, enseignants référents, IEN, etc..afin de pouvoir questionner l’organisation du travail, et de porter des améliorations à l’échelle départementale. Mais n’en restons pas là : nous continuons de porter comme absolument nécessaires, des formations régulières cohérentes en contenu qui devront dépasser le cadre départemental pour répondre de façon pertinente aux demandes et aux interrogations des personnels confrontés chaque jour dans leur exercice à cette mise en œuvre complexe. Nous réfléchissons également à la tenue d’un stage sur le sujet. Enfin, tout ceci ne pourra prendre forme sans une réelle politique de moyens donnés à l’école et aux structures adaptées.

 

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