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23 septembre 2006

expulsion de sans-papiers à Pau : déclaration RESF 64 du 20 septembre

lecture devant la préfecture de Pau

Bonsoir à tous, et merci d’être présents.

Si nous sommes rassemblés ce soir, c’est pour défendre la situation d’une famille azerbaïdjanaise, qui a fui son pays pour des raisons politiques. Sa vie est en danger là-bas, elle est venue chercher refuge en France, il y a deux ans maintenant.

Le vendredi 1er septembre, le jour même où une délégation du réseau éducation sans frontière 64 était reçue par M. le préfet accompagné du directeur du bureau des étrangers à 9h30, à l’aube, à 6h du matin, de nombreuses forces de police commettaient une rafle chez la famille Kadimov, à Pau. L’information nous est parvenue au moment même de l’entrevue, et lorsque nous avons dit notre indignation au préfet, celui-ci ne s’en est guère ému. Cette famille est composée d’une grand-mère de 65 ans, de ses deux fils, dont l’un est en France avec sa femme, et des ses trois petits-enfants, Sakina, Emil et Rayale. La famille, prise en charge par des associations paloises et soutenue par ses avocats, était en attente d’une convocation à la commission des recours de l’OFPRA (office de PROTECTION des réfugiés et apatrides) pour le réexamen de sa demande de réfugiée politique. Ce vendredi 1er septembre donc, alors que la famille espère fortement ce recours, la police arrête Mme Kadimov, son fils Zahid, sa petite-fille Sakina 5 ans. L’autre partie de la famille est absente ce matin-là. Placées en garde à vue, les trois personnes sont transférées quelques heures plus tard au centre de rétention administrative de Cornebarrieu près de Toulouse. Ce vendredi 1er septembre est le jour, à Pau, de la 1ère chaise vide : Sakina, 5 ans, venait de faire sa rentrée à l’école Léon Say, à Pau. Sa cousine et son cousin, Rayale et Emil n’auront pas fait leur rentrée au lycée Honoré Baradat à Pau et au lycée professionnel de Gelos.

Mardi 5 septembre : trois chaises vides. Nous n’acceptons pas !

Malgré la convocation émise par la Commission des recours de l’OFPRA, qui invite la famille Kadimov à se présenter à l’audience du 24 octobre à Paris, le préfet a réaffirmé à plusieurs reprises ces jours-ci sa volonté de l’expulser, allant jusqu’à dire cyniquement qu’il ne s’opposerait pas à leur retour d’Azerbaïdjan si elle voulait se présenter le 24 octobre à cette audience ! Il se fait par ailleurs un point de déshonneur à retrouver le reste de la famille et à les expulser tous avant la fin du mois. Nous ne pouvons accepter cette situation faite à des gens qui ont eu confiance, qui avaient espoir, qui se faisaient une autre idée de la France. Nous vous demandons, à chacun d’entre vous, d’appeler le préfet, de lui écrire, pour manifester votre indignation. Vos interventions ont du poids, vos interventions peuvent être efficaces : RESF a ainsi obtenu, il y a une dizaine de jours, la libération, dès le lendemain de son arrestation, d’un couple étranger, parent d’un bébé d’un mois. Mais surtout, il est de notre responsabilité à tous, en tant que citoyens, d’exiger l’arrêt de ces arrestations et de ces violences. Ces manœuvres de harcèlement ne relèvent plus de l’autorité de l’Etat mais d’une prise en otage de tous ces gens, à des fins politiciennes. Lorsque M. Sarkozy fait ses comptes et réitère sa volonté d’expulser 25 000 étrangers en 2006, à Pau, ce sont trois chaises vides qui nous rappellent qu’une enfant de 5 ans est privée d’école, que deux autres élèves ne feront pas leur rentrée au lycée. Le seul résultat de l’action du préfet est d’exclure de l’enseignement, de l’éducation trois élèves ; de jeter cette famille dans l’angoisse et la peur de la clandestinité. Il les livre ainsi à une vie de peur au ventre et d’arbitraire, de risque d’exploitation par des marchands de sommeil et des patrons voyous.

TOUT CA EN NOTRE NOM A NOUS, CITOYENS !

On ne peut pas accepter ! cette France n’est pas la nôtre. Exprimer notre refus est une exigence démocratique, une exigence de solidarité élémentaire. Le médiateur Klarsfeld a reconnu lui-même hier que parmi les 25 OOO familles qui n’ont pas bénéficié de la régularisation grâce à la circulaire, beaucoup ne seront pas expulsées car elles ne sont pas expulsables. Est-ce là une fierté pour le peuple français quand on sait que la clandestinité est le vivier de la main d’œuvre pas chère, de la précarité, de l’exploitation ? Cela est inacceptable, d’un point de vue humain, d’un point de vue social, d’un point de vue politique.

C’est pourquoi ce soir, nous sommes tous là pour exiger que la famille Kadimov soit libérée : libérée du centre de rétention de Cornebarrieu, libérée de la clandestinité. Nous exigeons que ces trois élèves retrouvent les bancs de l’école, et puissent étudier dans la sérénité, pour construire leur avenir, et par là-même, notre avenir. C’est pourquoi ce soir, nous vous appelons à intervenir massivement et individuellement auprès de la préfecture, à rester vigilants et disponibles aux actions futures concernant la famille KADIMOV et les autres actions qui seront entreprises. Encore une fois, le RESF64 et les organisations qui le composent vous remercient de votre présence, et de votre soutien.

A Pau, le 20 septembre 2006

 

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