www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 64 - Pyrénées-Atlantiques

Navigation

Vous êtes actuellement : Carrière et infos administratives  / Opérations administratives 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
3 mai 2018

Déclaration liminaire CADP du 3 mai

Vous trouverez ci-dessous la déclaration lue par les collègues du SNUipp-FSU 64 lors de la CAPD de ce 3 mai :

Le 26 avril, par voie de presse et par le biais du Bulletin Officiel transformé pour l’occasion en outil de propagande politique, M. Blanquer a tenu à adresser un message à l’ensemble des personnels de l’Education Nationale et donc à chacun des membres de cette CAPD.

Aux enseignantes et aux enseignants d’abord, il a cru bon de rappeler un certain nombre de bonnes pratiques qu’il a sans doute jugées mal connues et mal appliquées. Dorénavant, les enseignants devront mettre en œuvre des leçons de grammaire et de vocabulaire, respectant 4 étapes dont chacune est à elle seule une innovation pédagogique sans précédent : l’observation, la formulation de règles, la consolidation et l’évaluation. Ils devront pratiquer le calcul mental et l’apprentissage systématique de l’orthographe, utiliser des cahiers Seyès 17x22 interligne 2 mm pour l’écriture (les circulaires ne précisent pas la couleur), mais également « veiller à circuler dans les rangs », et « assigner à chaque séance un objectif d’apprentissage précis ».

Aux conseillers pédagogiques, aux professeurs des ESPE, aux Inspecteurs de l’Education nationale et aussi d’une certaine façon à vous, Monsieur le DASEN, il a cru utile de rappeler que « la liberté pédagogique ne doit pas être l’anarchisme pédagogique », accusant de manière sous-jacente la hiérarchie et les structures de formation de couvrir, voire d’encourager une forme de chaos didactique dans vos écoles. Parce M. le Ministre Blanquer vous soupçonne peut-être de fermer les yeux sur l’utilisation de la méthode globale, il a jugé nécessaire d’affirmer, dans une déclaration d’un grand courage politique, qu’il fallait privilégier « quelque chose qui fonctionne, la méthode syllabique », à « quelque chose qui ne fonctionne pas, la méthode globale ».

Ces différentes déclarations ne sont évidemment pas de nature à fonder « l’école de la confiance » que M. Blanquer appelle pourtant de ses vœux. Non content de faire fi des apports de la recherche et de flatter les franges les plus réactionnaires de la population usant de nostalgisme pédagogique , qui aura pour seul avantage de permettre de substantielles économies, de formation notamment, le ministre de l’Education Nationale fait porter sur les seuls personnels la responsabilité des difficultés que traverse le système éducatif français depuis trois décennies. Ce ne sont pas les effectifs par classe, le faible investissement dans l’enseignement primaire, la faible attractivité des salaires, la ségrégation opérée dans les établissements scolaires urbains qui expliquent le renforcement des inégalités sociales et le recul de la France dans les différentes enquêtes internationales, ce sont simplement les manques des personnels qui n’appliquent pas les bonnes méthodes.

Ce point de vue est conforme aux stratégies de casse du service public : le travail des personnels est toujours tenu pour responsable des dysfonctionnements, comme par exemple le statut des cheminots est un des prétextes au démantèlement de la Sncf. Mais laissons là les considérations de notre Ministre-Conseiller-Pédagogique pour en revenir au mouvement.

Nous sommes cette année en sous-effectif et pourtant le nombre de collègues satisfaits continue de se situer en dessous des 50 % (41.56% cette année). Près de 500 de nos collègues qui ont pris part aux opérations de mouvement n’ont obtenu aucun des vœux qu’ils avaient formulés. Le nombre important de mesures conditionnelles qui vient soustraire 27,5 postes cette année contribue à figer les opérations pour un trop grand nombre de nos collègues. 85 d’entre eux ayant plus de 10 points de barème se retrouvent ainsi sans affectation à l’issue de ce premier mouvement et seuls 60, parmi les 350 collègues ayant obtenu un vœu, ont moins de 10 points de barème.

L’analyse du Snuipp-fsu 64 confirme la nécessité d’augmenter résolument le nombre de départs en formation CAPPEI. Cette année, une vingtaine de postes environ sera occupée à titre provisoire par des personnels non formés, le plus souvent évidemment dans des établissements où la présence de personnel qualifié aurait été plus que bienvenue. Ainsi en est-il de plusieurs postes d’ITEP (Idekia à Bayonne, Igon…) ou du poste de maître E sur l’école de Nandina Park, sur lesquels les personnels affectés auront à intervenir dans des contextes difficiles sans avoir pu bénéficier de la formation adéquate indispensable.

Il serait également opportun d’accorder une attention particulière aux postes de direction d’écoles, qui continuent d’être abondamment quittés par les collègues qui les occupent. 71 directeurs ont ainsi souhaité quitter leur poste au cours de cette première phase. Sur cet ensemble, 35 ont été maintenus sur leur support et 17 ont quitté la direction. Il y a là, à n’en pas douter, le signe d’une usure des personnels qui s’explique par le nombre toujours plus important de tâches à effectuer, particulièrement pour les petites écoles dont les directrices et les directeurs ne bénéficient d’aucune décharge. Ainsi, 13 chargés d’école ont souhaité quitter leur poste, tout comme près d’une vingtaine de directrices et directeurs d’école à 2 classes.

Concernant les dispositifs des enfants du voyage, nous réitérons notre demande de mise en place d’un accompagnement des collègues affecté.es sur ces postes, 4 d’entre eux étant encore vacants à l’issue du mouvement. Enfin, sur la base de son résultat plus que médiocre, nous réclamons la disparition du vœu géographique imposé pour le personnel en obligation de participation. Cette mesure qui devait fluidifier le mouvement n’a conduit finalement qu’à la titularisation de 18 collègues. La grande majorité de ces postes (16 sur 18) aurait de toute façon trouvé preneur car demandés par d’autres collègues ayant des barèmes inférieurs. Nous ne pouvons accepter que 360 collègues soient contraints de formuler un vœu géographique hasardeux pour un résultat aussi insignifiant.

Tout aussi inutiles se révèlent la création du support TRS BIN et le fonctionnement 1 maitre deux langues pour la filière occitane, censés créer un appel d’air d’enseignants bilingues ainsi rassurés quant à de meilleures conditions de travail. 4 postes sont vacants, comme en langue basque et comme les années précédentes. Comme l’écrivait Shakespeare : So much noise for nothing !

Pour conclure, le moment politique est grave car le gouvernement a décidé de maintenir sa politique impopulaire quitte à réprimer violemment ceux qui résistent.

Des étudiant-es et des lycéen-nes se sont fait violemment tabasser dans plusieurs facultés, une répression démesurée s’est abattue sur celles et ceux qui occupent la ZAD de Notre Dame des Landes, les manifestations sont de plus en plus encadrées.

Monsieur Macron représente le vieux monde, celui qui pense qu’il faut réduire les dépenses de l’État pour améliorer le pouvoir des financiers en réduisant leurs impôts. Ce discours nous l’entendons depuis 30 ans sans discontinuité et il ne sert que les riches. Il ne sert qu’à affaiblir les classes moyennes et appauvrir encore plus les plus démunis.

Pour celles et ceux qui pouvaient encore avoir des doutes, les choses sont claires c’est une droite dure qui est au gouvernement : cheminots, agents hospitaliers, salariés d’Air France, de RDF contre la privatisation des barrages hydroélectriques, les salariés des entreprises de déchets, la Ratp, les étudiant-es, les avocats, les enseignant-es, des salariés de Carrefour, sont toutes et tous en grève depuis des semaines ou des jours pour s’opposer à cette politique de destruction.

Sans oublier les chômeuses et les chômeurs qui ont de moins en moins de droits et les retraité-es qui voient leur pouvoir d’achat fondre à vue d’œil.

Pour notre part nous appelons à la convergence des luttes et nous mettrons toutes nos forces pour résister à la destruction de la fonction publique et aux droits sociaux, notamment en appelant les personnels des écoles à être dans la rue le 5 mai et en grève le 22 mai.

 

44 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp 64 66 rue Montpensier, 64 000 Pau Tel : 05 59 80 28 27 - Fax : 05 59 80 67 50 Email : snuipp64
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 64 - Pyrénées-Atlantiques, tous droits réservés.