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6 février 2007

CDEN du 06 février 2007 : déclaration unitaire "Non à la casse..."

FSU, UNSA-Education, CGT, Sgen-CFDT, FCPE

CDEN du 6 février 2007

CGT Éduc’action FSU SGEN-CFDT

UNSA-Éducation FCPE

NON au renoncement à la réussite de tous les élèves NON à la casse du service public de l’Éducation nationale

Depuis 2003, le système éducatif public subit des agressions jamais vues :

- les lois de décentralisation de 2003, comme nous l’avions dit alors, se révèlent être des transferts de charges de l’État vers les collectivités locales ;

- la loi Fillon, avec l’apprentissage junior et le travail de nuit dès 15 ans, consacrent l’exclusion précoce des jeunes les plus fragiles du système éducatif ;

- la saignée budgétaire réduit l’offre scolaire et est accompagnée d’aides financières pour les familles aisées afin qu’elles compensent la baisse qualitative délibérée de l’école publique ;

- les dispositifs, comme les PPRE ou les bourses au mérite véhiculent l’idée que l’individu est seul responsable de son sort, niant les causes sociales ;

- la notion de socle commun est instrumentalisée pour servir une politique de réduction de l’offre éducative, préparée par des audits purement financiers ;

- le ministre impose une politique pédagogique rétrograde, ignorant les pratiques réelles des enseignants et les apports de la recherche ;

- les instances de concertation, à tous les niveaux, sont bafouées ; leurs avis sont ignorés. Les organisations représentatives des personnels et des usagers sont méprisées. Dernier avatar en date de cette politique, le passage en force des établissements publics d’enseignement primaire illustre à lui tout seul bien des aspects de cette politique.

Cette politique, menée en application des thèses libérales s’accompagne inévitablement d’un recours renforcé au contrôle des individus et à la répression :

- fichage centralisé et automatisé des élèves avec base élève et sconet ;
- surveillance a priori des élèves selon leur lieu de résidence ;

- restrictions au droit syndical ;

- accroissement de la répression à tous les étages du système éducatif ;

- chasse aux élèves sans-papiers jusque dans les écoles ;

- accroissement du dirigisme, de la normalisation et bureaucratisation du système éducatif.

Ces attaques s’inscrivent dans un refus idéologique de l’égalité sur le territoire et du rôle régulateur de l’État et du fonctionnement démocratique du service public. La substitution du pouvoir des collectivités territoriales à celui de l’État, le renforcement des moyens du privé et la réduction des moyens du service public visent à transformer le citoyen usager du service public en client livré à lui-même d’un système marchand.

La qualité du service public d’éducation repose d’abord sur son personnel et à cet égard, la politique d’emploi est catastrophique : Le budget 2007 supprime encore 7 000 emplois dans le secteur de l’Éducation nationale dont 5500 dans le seul second degré, avec notamment la remise en cause des charges statutaires du décret de 1950. C’est la même logique de globalisation, de mutualisation des moyens, de mise en concurrence des établissements, qui sous-tend le projet de décret EPEP visant à mettre les écoles sous la tutelle des collectivités territoriales et à récupérer à terme, notamment en milieu rural, des postes d’enseignants par globalisation des effectifs.

L’insuffisance des créations de postes dans le premier degré se traduit depuis 2003, au rythme d’une création de poste pour 45 élèves en plus, par une dégradation importante des conditions de scolarisation. Dans le même temps, 300 postes d’intervenants en langue sont supprimés. En moins de 10 ans, le taux de scolarisation des élèves de moins de trois ans a chuté de 38 à 21 %, 1600 écoles ont été intégrées dans le dispositif « ambition réussite » sans aucun poste supplémentaire, les professeurs d’école en formation initiale sont comptabilisés comme des moyen d’enseignement, alors qu’il aurait fallu créer 1700 postes pour décharger les écoles à 4 classes sans recourir à cette substitution. Les nouvelles modalités de versement de l’ISSR annoncées pour la rentrée 2007 vont affaiblir le dispositif de remplacement des maîtres absents ou en formation continue, déjà fortement dégradé.

Avec 20 000 nouveaux recrutements d’emplois de vie scolaire (EVS) annoncés, le recours à des emplois de plus en plus précaires, le recrutement de personnels sans formation ni avenir devient la norme, sans pour autant répondre de manière satisfaisante et pérenne aux besoins des élèves et des écoles.

Notre département n’est pas en reste dans l’application de la politique nationale :  les directeurs et directrices qui assurent leur tâche au quotidien, les enseignants qui malgré des conditions de travail de plus en plus difficiles se battent pour faire réussir leurs élèves sont sanctionnés par des retrait de traitement ;  de graves restrictions ont été imposées au droit d’information syndicale pour tous les personnels, titulaires ou précaires et c’est un signe inquiétant d’une volonté d’entraver la défense des conditions de travail des personnels ;  les jeunes domiciliés dans le quartier de l’Ousse des Bois, quel que soit l’établissement scolaire qu’ils fréquentent, sont l’objet d’un rapport mensuel au ministère de l’Intérieur ;  Le CDEN n’est pas réuni au moins deux fois par an, en contradiction avec la réglementation limitant ainsi les organisations représentatives du personnel et des usagers dans l’exercice de leur mandat. Quand le comité est réuni, l’ordre du jour est réduit aux questions obligatoires.

Nous dénonçons la volonté de transférer une partie de l’enseignement au patronat qui inspire une campagne déséquilibrée en faveur de l’apprentissage. Nous refusons la transformation progressive des lycées professionnels et des lycées technologiques en établissements de formation d’apprentis, même publics. La création des lycées des métiers dans lesquels la hiérarchie rectorale, associée à la Région, fait le forcing pour imposer des Unités de Formation d’Apprentis aux dépens de l’enseignement initial, est un des moyens. L’implantation des UFA, comme celle des CFA, ne peut se faire sans la concertation et l’accord des personnels. Le résultat est une aggravation des conditions d’étude des élèves et des conditions de travail des personnels, une augmentation de la précarité du statut des enseignants, un transfert de charges non compensé aux dépens des personnels administratifs, de vie scolaire, d’infirmerie et d’agents de service.

Par ailleurs, le bilan qui peut être fait aujourd’hui dans notre département de l’ « apprentissage junior », est consternant : inadéquation de la réponse aux besoins affirmés, impréparation, gaspillage des illusions chez les parents et les élèves. C’est en amont, ou autrement pour les élèves actuellement en difficulté scolaire, que le problème doit se se régler.

En matière d’emploi, notre département paie aussi le prix fort : Sous le postulat rectoral de la « solidarité », le département des Pyrénées-Atlantiques se voit retirer encore 7 postes malgré une nouvelle hausse démographique. Les documents préparatoires à cette carte scolaire prévoient une nouvelle saignée pour les écoles de ce département : 65,5 postes récupérés par des fermetures et seulement 37,5 consacrés à des ouvertures, dont 15 postes récupérés en maternelle pour seulement une ouverture, 17 en élémentaire et primaire... Au total, plus de dix écoles auraient des taux d’encadrement supérieurs à 25 élèves par classe après fermeture. Le solde des ouvertures/fermetures dans les écoles bilingues est, pour la troisième année consécutive, globalement négatif, l’effort consenti pour le maintien ou le développement de sections bilingues donnant lieu à une très forte récupération de postes de français. La globalisation des effectifs est irréaliste pour ces écoles alors qu’on sait que ce secteur est fortement concurrencé par le privé.

La mise en place de la loi sur le handicap se fait pour les écoles sans moyens autres que des emplois précaires. Même l’augmentation nécessaire des enseignants référents se paie sur d’autres postes de l’ASH, RASED et CMPP !

Pour toutes ces raisons, les fédérations CGT Education, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education appellent les personnels de l’Éducation Nationale et de la Recherche publique à faire grève le 8 février dans le cadre de la journée d’action des fonctionnaires.

Avec les parents, les enseignants et tous les citoyens venus manifester ce matin devant la préfecture les organisations signataires disons non au renoncement à la réussite de tous les élèves, non à la casse du service public de l’Éducation nationale

 

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