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21 octobre 2021

RASED : SARKOZY EN A RÊVÉ, MACRON/BLANQUER L’ONT FAIT !

30 ans d’existence, 15 ans de pénurie !

Créés en 1990 pour prévenir et réduire les difficultés durables liées aux apprentissages que les enseignantes et enseignants ne peuvent résoudre seul·es en classe, les Réseaux d’Aides Spécialisés aux Elèves en Difficultés (RASED) ont été considérés, dès 2007, comme un réservoir de postes et une variable d’ajustement permettant de réduire la dépense publique (2007/2012 : époque Sarkozy) ou de financer des ouvertures de postes décrétées par ailleurs (2017/2022 : époque Macron/Blanquer). Entre la rentrée 2007 et la rentrée 2012, la mise en place des Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) a été avancée par le Ministère Darcos/Blanquer pour justifier la fermeture de près de 5000 postes d’enseignant·es spécialisé·es, soit un tiers de leurs effectifs : une heure supplémentaire d’enseignement mené en petit groupe devait ainsi répondre aux difficultés durables que les 24 heures d’enseignement « ordinaires » n’avaient pas pu résorber. Malgré la suspension des suppressions constatées entre 2012 et 2017, la répartition des postes est restée très inégale sur le territoire, ne permettant pas le rétablissement d’un fonctionnement cohérent en réseau d’aide, comportant les trois spécialités (E, G, Psy). En dépit d’une nouvelle circulaire en 2014, réaffirmant les missions spécifiques des trois professions du RASED, aucune relance du dispositif n’a été entreprise. Depuis 2007, les réseaux d’aide tentent de fonctionner sur des secteurs d’intervention de plus en plus étendus sans pouvoir s’appuyer sur la complémentarité des 3 spécialités.

2017/2022 : le coup de grâce ?

La diminution des contenus de formation (mise en place du CAPPEI en 2017), la dilution des spécialisations (formation « généraliste » à dominantes interchangeables) au sein de l’Ecole Inclusive, la raréfaction délibérée des départs en formation (dans le 64, 5 départs en formation en 5 ans, pour pas moins de 20 départs en retraite !) ont entrainé un nouvel appauvrissement des postes RASED, prélude à un détournement des leurs missions vers du simple conseil aux enseignant·e·s pour le traitement de la difficulté scolaire. Les missions de prévention et de remédiation ne peuvent plus être assumées par des person-nels en nombre insuffisant pour répondre aux besoins croissants du terrain. La co-construction de réponses adaptées et complémentaires au sein de l’équipe enseignante est rendue impos-sible, tout comme le nécessaire lien avec les familles et le travail partenarial avec les acteurs du médico-social. A l’heure de l’Ecole Inclusive et de la scolarisation de tous les élèves, les enseignant·es en classe ne peuvent se contenter de conseils, de protocoles standardisés censés répondre aux situations complexes que rencontrent les personnels. Ils ne peuvent attendre l’hypothétique intervention des « équipes mobiles d’appui médico-social », dont personne n’est en mesure de dire combien de personnels elles représentent. Les enseignant·es, les élèves, les parents d’élèves ont besoin de personnels spécialisés en nombre suffisant pour intervenir sur tout le territoire et conduire les missions de prévention et de rémédiation qui sont les leurs. Pôle ressource, cheval de Troie ou cache-misère ? Le Pôle ressource est un dispositif qui ne fait l’objet d’aucune circulaire spécifique : il apparait seulement au détour de la circulaire du 18 août 2014, intitulée " Fonctionnement et missions des RASED". Dans cette circulaire, le RASED est mentionné comme l’une des composantes du pôle ressource, piloté par l’IEN. L’absence de cadre clair pose de nombreuses questions : • des questions d’articulation entre missions (RASED, CPC, autres...), • des questions concernant le pilotage, vertical et injonctif ou créant les conditions de la concertation ?, • des questions concernant le fonctionnement concret de ce nouveau dispositif (temps d’échange et de suivi des situa-tions, frais de déplacement). Pour le SNUipp-FSU, l’incorporation de RASED incomplets au sein des pôles ressources ne per-mettra en rien d’améliorer la situation dans les écoles. Être en capacité de répondre à des de-mandes d’aides pour des élèves qui ne relèvent pas d’une médicalisation de " troubles" est une urgence pour réduire les inégalités qui se creusent et rendre possible une école bienveil-lante, soucieuse d’adapter et de soutenir les progrès de tous. Le conseil aux enseignants ou l’externalisation vers l’orthophonie et/ou les structures de soin ne masqueront pas la nécessité d’intervention d’aides directes auprès des enfants, des familles et des équipes enseignantes, au sein du service public d’éducation.

 

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