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SNUipp-FSU 64 - Pyrénées-Atlantiques

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14 février 2008

CAPD du 14 février 2008 : déclarations du SNUipp-FSU 64

Déclaration du SNUipp-FSU et du SE-UNSA

Les provocations incessantes du Ministre Darcos et du président Sarkozy se poursuivent : remise en cause du principe de laïcité lors des interventions présidentielles du Latran et de Ryad (nos organisations rappellent fermement que ce sont bien les enseignants de l’école publique qui, à leurs yeux, sont les mieux à même de transmettre le respect des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité), publication du résultat des évaluations par école, annonce de passage en force par la loi pour la mise en place d’un service minimum d’accueil obligeant les enseignants à se déclarer grévistes 48 heures avant la grève, mise en place des EPEP malgré l’opposition quasi unanime des membres du Conseil Supérieur de l’Education, report de la carte scolaire après les élections municipales… Le rapport Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant, fondé sur des a priori gestionnaires et raisonnant dans un cadre budgétaire contraint, ne répond en rien aux attentes des personnels en matière d’amélioration de leurs conditions de travail et de revalorisation ; au contraire, par bien des aspects, il constitue une véritable provocation en allant au rebours des besoins des métiers de l’éducation, des revendications des personnels. Avec la suppression de plusieurs milliers de postes (d’administratifs mais aussi d’enseignants), la diminution drastique de postes aux concours d’enseignants, le recours massif à la précarité, le gouvernement poursuit sa politique d’affaiblissement des services publics et de remise en cause profonde du système éducatif. La suppression de 11 200 emplois dans l’Education nationale, s’ajoutant aux milliers déjà subis les années passées, connaît aujourd’hui sa traduction pour les écoles, les collèges et lycées des Pyrénées-Atlantiques : moins 16 postes d’enseignants pour les écoles, moins 54 postes pour les collèges et lycées du département. Dans les écoles, le retrait de 16 postes d’ajoute aux retraits massifs de ces quatre dernières années (près de 26 postes perdus en 4 ans !). Les effectifs par classe augmentent sans cesse. L’accueil des plus jeunes en maternelle régresse de façon inquiétante. La formation continue, fondamentale dans un métier en constante évolution, devient anecdotique faute de remplaçants et de crédits suffisants. Les insuffisances de la prise en charge des enfants en difficulté sont à peine masquées par le redéploiement des moyens. Pour ce qui concerne la scolarisation des élèves handicapés, la mise en place de la nouvelle loi se poursuit sans moyens nouveaux, sans formation, sans temps de concertation, ce qui complique et alourdit considérablement la tâche des collègues concernés. Pour l’aide à l’intégration de ces enfants, le recours à la précarité reste la règle.

Le SNUipp-FSU et le SE-UNSA refusent cette lente mise à mort du service public d’éducation nationale et cet abandon de l’ambition de conduire chaque enfant à la réussite scolaire. Après les journées d’action et de grève des Fonctions Publiques et de l’Education Nationale de ces derniers mois, nos organisations continueront avec les parents à se battre pour obtenir que le service public de l’éducation nationale assure la réussite de tous les élèves.

Dans le même temps, l’Inspecteur d’académie, refuse d’appliquer à chaque enseignant les textes officiels sur le droit des personnels à l’information syndicale. Plusieurs collègues ont reçu une notification leur interdisant de se rendre aux réunions d’informations syndicales. Le SNUipp-FSU et le SE -UNSA dénoncent cette nouvelle atteinte aux droits syndicaux, professionnels et démocratiques dans ce département.


Déclaration du SNUipp-FSU 64

Suppression du samedi matin : officialisation d’une école à deux vitesses

La suppression du samedi matin montre une volonté de réduire et différencier l’offre d’éducation dès le primaire. Cette décision du ministre s’intègre avec cohérence dans un dispositif plus global de transformation libérale de l’école, à l’opposé de celle que propose le SNUipp-FSU. L’annonce concomitante de 23 propositions « pour définir un nouvel horizon pour l’école primaire » et la détermination ministérielle à mettre en place les EPEP, clé de voûte de cette contre-réforme, marquent une volonté d’accélérer la mise en application de la loi Fillon, de modifier en profondeur l’organisation et le pilotage du service public d’éducation, dans un contexte de réduction de plus en plus drastique des dépenses publiques de l’Etat, de suppression de postes dans l’Education, de baisse des recrutements.

Première entourloupe, au mieux un maintien de l’offre d’enseignement

De 26h hebdomadaires pour tous, la durée de l’enseignement scolaire passe à 24h auxquelles « s’ajouteraient » deux d’enseignement au maximum pour les élèves rencontrant des difficultés. Le MEN « n’ajoute » donc rien. Pour les élèves en difficulté, c’est au mieux un maintien de l’existant. La réduction du temps d’enseignement des élèves contient en filigrane un allègement des programmes, présenté par Darcos dans ses 23 propositions comme une clarification. Cette révision des programmes prévue s’appuiera sur le socle commun et un recentrage sur l’apprentissage de la langue. Quant aux dispositifs d’aide, c’est… le PPRE, géré par le conseil des maîtres ; les RASED sont à peine évoqué. L’individualisation de l’échec, présentée comme un « rattrapage » pour les élèves en difficulté dans la logique des PPRE, entraîne la responsabilité individuelle de l’échec. La prise en charge des élèves en difficulté sur un temps spécifique hors du temps commun de classe entraînera le décrochement entre le temps scolaire et le temps des élèves en difficulté. L’individualisation des parcours instaurée par le socle commun se double d’un décrochage du temps scolaire entre les élèves. La difficulté scolaire est rejetée sur un temps qui n’est pas commun à tous. Or, plusieurs études démontrent que ce temps dissocié pour l’aide et le rattrapage pédagogique se révèlent peu efficaces (groupes homogènes dans la difficulté...). De fait, ce sont les élèves en difficulté qui connaîtront un alourdissement de la journée de travail.

Deuxième entourloupe le temps de travail des maîtres, pas vraiment réduit…

La suppression du samedi matin aurait pu s’accompagner d’une véritable réduction des horaires de service en présence d’élèves, d’un temps de travail en équipe de trois heures hebdomadaires, d’un « plus de maîtres que de classes » permettant d’assurer le maintien des horaires-élèves, une amélioration du temps de concertation nécessaire et une réduction du temps de travail. Il n’en est rien... et pour cause, le contexte est à la réduction drastique des coûts et des missions du service public ! Aucun enseignant ne peut croire que les deux heures « dégagées » du samedi matin pourraient constituer un allègement de leur charge de travail sous prétexte qu’ils n’auraient pas la classe entière. Au contraire, la préparation pour des groupes de soutien est un véritable travail spécifique supplémentaire. Sans compter le repérage, les PPRE, les évaluations, la concertation entre collègues, les relations avec les parents... et bientôt, les stages de remise à niveau pendant les vacances !

L’efficacité des RASED est mise en cause, les menaces sur leurs missions réelles. Le dispositif ouvre également la voie à une véritable déréglementation des obligations de service des enseignants pouvant être contraints d’intervenir dans d’autres écoles que la leur. La discrétion du texte sur la maternelle et les spécificités du milieu rural ne nous rassure pas franchement. Quant aux directeurs d’école, la petite phrase concédant un « examen particulier » n’est certainement pas de nature à répondre à leurs légitimes revendications en terme de temps de décharge.

Pour le SNUipp-FSU 64, c’est par une baisse des effectifs pour mieux aider chacun en classe, plus de maîtres que de classe pour diversifier approches pédagogiques et formes de travail, le développement des RASED et du travail en équipe... que les conditions seront créées pour l’émergence d’une école démocratique.

Parce que ces propositions ministérielles ne répondent ni à l’ambition d’une réussite de tous, ni à l’aspiration des personnels de voir leur temps de travail reconnu, le SNUipp 64 appelle les collègues à répondre massivement au questionnaire qu’il organise nationalement et à prendre clairement position contre des mesures qui officialiseraient une école à deux vitesses et donc la fin d’un véritable service public d’éducation.

 

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