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22 avril 2005

Stage syndical "maternelle" du 11 avril 2005

compte-rendu des débats

Près de 200 personnes se sont retrouvées le 11 avril pour débattre de l’école maternelle. L’état des lieux relaté par Brigitte Lopez, secrétaire nationale du SNUipp, a rappelé l’importance de défendre cette grande école qu’est l’école maternelle. Barrière reconnue contre l’échec scolaire, lieu privilégié d’apprentissages et d’épanouissement, elle est pourtant victime aujourd’hui d’un dénigrement persistant. Les attaques qu’elle subit sont à la fois d’ordre budgétaire (carte scolaire) et idéologique. Le dernier colloque organisé par l’association française de psychiatrie à Paris en est un exemple : intitulé « la scolarisation des 2 ans, une fausse bonne idée », ses participants n’hésitent pas à parler de « danger pour la santé publique », et renient le rôle positif que l’école maternelle joue pour certains enfants. Rappelons que la maternelle, exception française, a fort à craindre d’un alignement sur les autres pays d’Europe, fort à craindre de la déscolarisation des 2 et 3 ans, des sureffectifs, du redéploiement des RASED, d’une pression à la cantonner à une « pré-primaire »… L’intervention de Laurence Janot, maître de conférence à l’IUFM d’Aquitaine, a permis de préciser les termes de violence en soulignant la complexité du phénomène et le nécessaire équilibre à trouver entre une dramatisation exagéré des problèmes et une sous-estimation laxiste des faits. Elle a également exposé les différents « profils » de l’enfant à l’école maternelle (leaders/ autocentrés/ insécurisés/agresseurs...) afin que les enseignants puissent, par une observation avisée, « sécuriser » les enfants et essayer de trouver, en équipe, des interventions appropriées à mettre en place (accueil, groupe de langage par des professionnels, contrat avec une autre classe…). Le travail sur soi pour les enseignants, la gestion collective, les regards croisés apparaissent aussi comme une aide contre l’isolement, la culpabilisation que les difficultés de l’élève induit souvent chez son éducateur…

Sur l’évaluation

L’atelier sur l’évaluation a souligné un besoin pour les enseignants d’évaluer leurs élèves, pour affiner leur appréciation afin de remédier aux difficultés relevées mais la plupart le vive aussi comme une vitrine de légitimité ou une pression sociale. Les outils qui existent satisfont rarement ; jugés trop lourds, inadaptés aux pratiques, ils ne répondent pas à la préoccupation de communication aux parents. Il a été noté aussi que l’obligation d’un livret d’évaluation est une perversion, la seule obligation étant d’être capable de rendre compte, à un moment donné des acquis des élèves. Or, l’outil d’évaluation du professionnel ne peut être l’outil de communication avec les parents. Des dangers pernicieux de stigmatisation ont également été relevés : par rapport aux parents lorsque l’outil de communication peu adapté donne souvent une vision fragmentée et « angoissante » de l’enfant, d’où la nécessité d’inventer un outil adapté…( des pistes ont été proposées : rencontres directes avec les parents, liste se réduisant aux compétences travaillées sans notation quelconque, items regroupant uniquement les compétences transversales, feuille d’appréciation dans le cahier…) Stigmatisation aussi par rapport à l’élève et à l’enseignant qui risque inconsciemment d’attribuer une étiquette à laquelle l’enfant va s’identifier et se cantonner dans ce rôle (effet Pygmalion). L’évaluation en maternelle interroge également sur l’induction de pratiques pédagogiques particulières, marquées par ce que l’on aura à évaluer par la suite (compétences de type purement scolaire), par une nécessité « d’efficacité », de rentabilité. Ces pratiques risquent de faire passer au second plan la part fondamental du jeu, le droit au tâtonnement et à prendre son temps….

L’atelier « prévention en maternelle et RASED » :

Le terme prévention est associé à l’accompagnement des difficultés plutôt qu’à l’éradication des difficultés. Celles-ci font partie du développement de l’enfant et de tout apprentissage. Comment les repérer, les prendre en compte, les contourner, les dépasser ? L’école maternelle est considérée comme le lieu scolaire où l’intervention rapide peut avoir des incidences positives quand la difficulté n’est pas encore enkystée, ne structure pas le rapport au savoir ou à l’école. La notion de temps est incontournable pour comprendre et appréhender la difficulté. Mais celle-ci angoisse tout le monde, les parents, l’enseignant et l’enfant si la pression est trop forte pour lui. « Nous, adultes, professionnels, sommes en difficulté face à la difficulté » dit une intervenante. Il est parfois plus facile de mettre une étiquette (hyperactivité, dys…), de conseiller une prise en charge à l’extérieur de l’école (cf le recours inflationniste aux orthophonistes) que de se coltiner à la difficulté, à l’analyse et à l’élaboration de réponses plurielles. La logique de la loi Fillon et de la loi Borloo est de considérer l’école comme le lieu où l’on repère les difficultés et où le traitement se ferait à l’extérieur de l’école. Cela permettra de réduire les moyens pour l’école. Or le premier travail sur la difficulté doit se faire au sein de l’école : s’agit –il d’une difficulté ponctuelle, liée au métier d’élève, aux apprentissages scolaires, s’agit-il d’une difficulté plus globale qui nécessite la prise en charge d’une équipe de soin ? Le travail avec le RASED permet de croiser les regards, de mettre à distance, de différer les exigences, ce qui réduit l’angoisse des adultes. Il permet aussi de préparer et d’accompagner les familles vers une prise en charge extérieure à l’école si nécessaire. A l’interne de l’école, le travail avec les enfants, avec les familles ne les stigmatisent pas. En serait-il de même si l’école devait signaler les difficultés à une équipe extérieure à l’école ? Les familles attendent beaucoup de l’école, l’avis de l’enseignant, du conseil de cycle est important et pris en compte. Il faut parfois du temps pour accepter la réalité et pour accepter de changer de points de vue et de perspectives. Le partenariat avec un RASED devrait être la règle pour toutes les écoles. Ce n’est pas le cas car les moyens des RASED ne sont pas suffisants, en postes et en frais de fonctionnement (frais de déplacement)...

 

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