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25 octobre 2008

Revue de presse : LES RASED inquiets (article dans Sud Ouest du 25 octobre)

par Odile Faure

EDUCATION. L’annonce de Xavier Darcos de supprimer 3 000 postes dans les réseaux d’aides spécialisés aux élèves en difficulté (Rased) fait peur aux enseignants

Les Rased inquiets

« Alors, Anna, dans "manteau", on entend ’’on’’ ou on entend "an" ? Et dans "montre"... dans chaussons ? » Ce matin, Claude, Jean, Anna et Camille (1), élèves de CP et de CE1 à l’école élémentaire des Fleurs à Pau, travaillent à différencier les sons. Ils doivent coller des images dans les colonnes correspondantes aux syllabes citées, guidés en cela par Sylvaine Peyras, maître d’adaptation (maître E). Ils disent « aimer » venir chez « Madame Peyras ». « Ici, c’est facile. C’est plus calme » répond Anna. « On apprend plein de choses » ajoute Camille. Sylvaine complète leur réponse. « On s’arrange pour les mettre en situation de réussite. Dans l’apprentissage, l’important, c’est l’estime de soi » explique celle qui a choisi la spécialisation il y a 12 ans après 25 ans d’enseignement classique. « Nous essayons aussi de changer le regard du maître par rapport à l’enfant ».

Contre les ghettos.

Les élèves qui fréquentent la salle de Sylvaine, à raison d’environ une heure et demi par jour, sont choisis par les enseignants, dans le but de leur apporter une aide ponctuelle, pendant le temps scolaire aux moyens de jeux et de travaux pratiques. Sylvaine ne regrette pas le temps où elle enseignait dans une classe entière d’adaptation. « On était arrivé à une classe ghetto où aucun élève ne tirait les autres vers le haut. Le fait de les avoir répartis dans les classes permet la mixité. »

Du coup, elle craint que si des postes de maîtres d’adaptation sont supprimés, l’Éducation nationale ne revienne sur ces classes « ghettos ». « Les enfants en grande difficulté finissent par gêner. Soit on met les moyens et on maintient les Rased, soit on parquera les enfants qui gênent. »

Un travail d’équipe.

Comme son nom l’indique, le réseau d’aides spécialisés aux élèves en difficulté, permet un travail en équipe entre un psychologue, un maître d’adaptation et un rééducateur (maître G). Sylvaine travaille aux Fleurs avec la psychologue Danièle Raucoules, qui, même si elle n’est pas touchée par les suppressions de postes, se mobilise. Sa collègue du syndicat Snu-ipp, Françoise Dalia, psychologue dans le secteur primaire du collège Clermont, est très remontée. « Les Rased accueillent souvent des enfants de milieux populaires. C’est toute une frange de la population que l’on va abandonner et qui sortira du système scolaire à l’âge de 15 ans. L’optique des Rased était justement de tirer au maximum les enfants vers le haut. »

La fin des Rased n’est pas annoncée mais la suppression annoncée dans le budget 2009 des 3 000 postes dans les Rased pourrait aboutir à la disparition de 30 postes dans les Pyrénées-Atlantiques sur 83. « On le vit comme un plan social » explique Françoise Dalia. L’inspecteur d’académie demande un peu de patience. « Je ne connais pas la déclinaison départementale du projet. De toutes les façons, je suivrai les instructions du ministère. »

Une action de l’intersyndicale, soutenue par les deux fédérations de parents d’élèves FCPE et PEEP, sera conduite le vendredi 7 novembre au Complexe de la république à Pau à 18 heures. Une réunion est prévue le 19 novembre devant l’inspection d’académie à 14 heures. Le Snu-ipp quant à lui appelle à une grève de tous les enseignants le 20 novembre.

(1) Les prénoms ont été changés.

 

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